Itinéraire(s) d’un jeune en quête d’emploi
Au départ il y a le fameux « passe ton bac d’abord !» ensuite, l’obtention d’un diplôme d’enseignement supérieur (si possible un master voire plusieurs) apparaît comme la condition sine qua non pour accéder à un emploi présentant un taux d’aliénation raisonnable. Pour ce faire, une bourse accordée de manière draconienne et présentant un plafond fixé en dessous de l’Equateur permettra aux bénéficiaires de casser la graine de manière à ce que l’on puisse encore discerner un jeune corps sous les oripeaux (je ne parle même pas des stagiaires). Après les études ? …et bien… plusieurs configurations présentées ici de manière non exhaustives s’offrent à nous : pôle emploi ou/et l’emploi, pôle emploi/pôle emploi, emploi/pôle emploi/emploi, vide/pôle emploi…
Alors certes, ceux qui accèdent à l’emploi peuvent apparaître sous certains aspects comme des winners, ils ont réussi à passer l’épreuve d’une sélection naturelle dont on ne sait pas tout à fait ce qu’elle a de naturel. Bref, trouver l’emploi est une chose, encore faut-il en avoir les moyens :
- « Hey Maman, Papa, ayé ! J’ai trouvé un emploi !... On imagine ici l’émulation de la famille sauf que…, avec une voix chevrotante, visiblement encore troublé par la grande nouvelle, le jeune reprend, « c’est un contrat de vacation de 15 heures par semaine à Strasbourg !
- Mais chéri, qu’est-ce que tu vas bien pouvoir faire à Strasbourg, alors que nous sommes à Toulouse ? Et puis, tu n’auras même pas de quoi payer ton loyer ! »
Le jeune comprend alors qu’il n’a pas d’autres choix que de rester encore pendant un temps dans le foyer familial, à la suite de quoi il décidera peut être, s’il en a encore les moyens, de reprendre le chemin des études pour décrocher un énième master, en attendant que tempête passe, tout en se rendant bien compte qu’il faut attendre d’avoir 25 ans pour être reconnu en tant qu’individu à part entière ou du moins semi-entière, c'est-à-dire pour pouvoir enfin faire partie de la grande famille des allocataires du RSA.
Parce qu’il faut être clair, comme chacun(e) sait, les offres d’emploi adaptées au profil du demandeur ne courent déjà pas les rues, mais en plus de cela, pour effectivement accéder à l’emploi, il s’agirait de se trouver sur un « sentier de l’emploi », disponible et mobile tout de suite, disposant nécessairement d’une épargne conséquente pour pouvoir assumer toutes les dépenses que suppose la prise d’indépendance (caution, garants, frais d'agence, ouverture de compteurs pour l'eau et l’électricité, téléphone…). Ne vous en inquiétez pas, je ne compte pas faire référence une deuxième fois à l’épargne car je sais que trop bien que pour la majorité d’entre nous, elle est inexistante.
Pour aller plus loin, la mobilité en tant que telle n’a pas que des effets positifs, comme certain(e)s aimeraient bien le croire. Partir pour l’emploi signifie quitter ses attaches, sa famille, ses ami(e)s, son réseau, c’est aussi prendre un abonnement « fréquence » à la SNCF qui pèsera lourdement sur le budget du jeune actif…tout cela à recommencer lorsque le CDD prend fin et que le jeune, toujours en quête d’emploi, doit naviguer vers d’autres contrées lointaines. Si encore il y avait une plage…
Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres encore, le Front de Gauche propose de créer l’allocation d’autonomie pour les jeunes en formations et les jeunes en recherche d’un premier emploi. Ainsi, les étudiants ne seront plus dépendants de leurs parents et pourront se consacrer à leurs études sans avoir à se salarier. De la même manière, les jeunes diplômés ne se retrouveront plus sans revenu en attente de leur insertion sur le marché du travail. Elle sera pour les jeunes en formation financée par la solidarité nationale, pour ceux en recherche d'un premier emploi, par la sécurité sociale.
Près de 150 000 jeunes sortent du système chaque année et dont l’administration perd la trace, alors Toi, le jeune, tu m’entends ? Reviens et vote !