Histoire du 1er Mai

Publié le par jeunesfg37

 

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Journée de 8 heures et Fête du travail


Le 1er mai 1886 reste une date importante aux Etats-Unis. Les syndicats ont fait pression sur le patronat afin d'obtenir une journée de huit heures pour les travailleurs. En souvenir, de cette belle avancée sociale, les syndicats européens ont institué une « journée internationale des travailleurs » ou « Fête des travailleurs », chaque 1er mai. De nos jours, on appelle plus communément cette journée la « Fête du Travail».

 

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L’Amérique se révolte


C'est au IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, que les principaux syndicats ouvriers des États-Unis se sont mis d'accord pour obtenir une limitation du temps de travail à 8 heures par jour. Ils s'étaient donné deux ans pour obtenir gain de cause. Les revendications ont commencé un 1er mai parce que de nombreuses entreprises américaines font leurs comptes annuels à cette date.

 

Le 3 mai lors d'une manifestation, trois grévistes meurent. Ce drame durcit le mouvement, et une marche de protestation a lieu dès le lendemain. Dans la soirée tandis qu'il restait 200 manifestants devant les policiers, une bombe explose faisant une quinzaine de morts parmi les forces de l'ordre.

 

Trois syndicalistes anarchistes sont accusés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres de leurs camarades sont pendus le 11 novembre 1886, sans réelles preuves de leur culpabilité. Quelques années plus tard ils seront réhabilités par la justice.

 

Sur une stèle au cimetière du Waldheim à Chicago, sont inscrites les ultimes paroles d'un des condamnés, Augustin Spies : « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui »

 

 

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Manifester pour la journée de 8 heures en France


Trois ans après les événements sanglants de Chicago, la IIe internationale socialiste organise son deuxième congrès à Paris. Il se déroule au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, au même moment qu'a lieu l'Exposition universelle qui célèbre le centenaire de la Révolution française.

 

Les socialistes ont pour objectif d'obtenir une journée de huit heures, soit 48 heures hebdomadaires de travail, le dimanche étant chômé. A cette époque, le travailleur faisait dix à douze heures de travail par jour, soumis à la pression patronale.

 

Le 20 juin 1889, Raymond Lavigne propose d'organiser une grande manifestation dans le pays à date fixe, afin que tous les pays, et toutes les régions puissent participer activement à cet événement. C'est ainsi que sont nées les manifestations du 1er mai.

 

Mais le 1er 1891 dans une petite ville du nord, à Fourmies, la manifestation tourne au drame, quand une troupe équipée de fusils tire sur la foule pacifique des ouvriers faisant ainsi une dizaine de morts, la plupart étant âgés de moins de 21 ans. Une des victimes prénommée Marie Blondeau toute habillée de blanc et le bras recouverts de fleurs, devient le symbole de cette journée.

 

Avant cet événement tragique, le 1er mai était déjà enraciné dans les traditions de lutte des ouvriers européens. Après la Première Guerre Mondiale, le Traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919, fixe enfin dans son article 247 « l'adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue ».

 

Dès cet instant, les manifestations du 1er mai ne se limitent plus à une revendication de la journée de 8 heures, en fait, les revendications seront dès lors plus diverses. Lénine, en 1920 fera du 1er mai une journée chômée en Russie soviétique. Peu à peu d'autres pays vont l'imiter, et l'Allemagne nazie ira plus loin en faisant du 1er mai une journée chômée et payée. La France fera de même en 1941 sous l'Occupation.

 

 

C'est en effet sous l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la Fête du Travail et de la Concorde sociale. Cette mesure est faite pour obtenir la sympathie des ouvriers pour le régime de Vichy. L'initiative de cette réforme vient d'un ancien socialiste de la CGT, René Belin qui était devenu secrétaire d’État sous le régime de Vichy.

 

La propagande va plus loin, car à cette occation la radio nationale de l'époque, n'hésite pas à préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron Maréchal, Saint Philippe. Aujourd'hui, la saint Philippe a été déplacée au 3 mai.

En avril 1947, sur proposition du député socialiste Daniel Mayer et avec l’accord du ministre du Travail, le communiste Ambroise Croizat, le 1er mai est un jour férié et payé, mais la fête ne devient pas pour autant légale. Elle n'est pas officiellement désignée comme Fête du Travail, comme cela avait été le cas sous le régime de Pétain.

En 1954, au moment de la guerre en Indochine, les manifestations du 1er mai sont interdites. Il faudra attendre mai 68 pour voir à nouveau défiler ensemble les travailleurs.

 

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Publié dans Culture

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